Carte de voeux 2016 - Make 2016 Sparkle l La Fiancee du Panda blog mariage

De l’art du rien {happy 2016 !}

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Bonne année mes Pandettes ! J’espère que les fêtes se sont bien passées pour vous et que vous vous êtes gavées de délicieux repas, de siestes dans le canapé et de bons moments en famille. Je vous souhaite une délicieuse année 2016, pleine de projets, d’amour et de joie, mais aussi de moments de « rien » !!

Comment ça ? Réponse dans un post fleuve (désolée) venu du fond du coeur, qui, je l’espère, vous parlera !

L’art de savoir ne rien faire

Oui, je sais, présenter ses voeux le 19 janvier, ça fait un peu réchauffé, mais voyez-vous, j’ai commencé l’année en compagnie d’une invitée dont je me serai bien passée: la grippe ! Et je ne vous parle pas d’une gentille petite gripette où on toussote gentiment pour pouvoir mater en boucle des épisodes de Modern Family, bien au chaud sous un plaid. Non, moi, j’ai eu droit à la version coup de poing, celle qui vous met au tapis méchamment, et dont il faut deux bonnes semaines pour se remettre, en mode zombie entre le canapé et le lit, le teint aussi séduisant qu’un lavabo et la dégaine de The Big Lebowski en prime. Glamour, quand tu nous tiens !

Mais à quelque chose malheur est bon, comme dirait Granma’ Panda. Bon, sur le coup, je n’irais pas jusqu’à vous dire que je l’ai vécu avec philosophie et positivisme. C’est très rare que je ne fasse rien et quand je n’ai pas le choix, ça ne me met pas particulièrement de bonne humeur (et si vous croisez un Panda ronchon, vous comprendrez instantanément pourquoi il fait partie de la même famille que les ours). Mais finalement, ce rienm’a fait un bien fou, étonnamment. Je ne suis pas du genre à m’arrêter, c’est plutôt l’inverse: j’ai dix mille projets en même temps, j’ai un métier très prenant que j’adore, une vie de famille bien remplie et comme tous les homo sapiens qui ont accès à l’internet mondial et à la technologie moderne, j’ai une fâcheuse tendance à multi-tasker à tout bout de champ.

Bref j’ai un rythme de vie plutôt trépidant et ça me convient bien… sauf que je me suis rendue compte que j’ai aussi besoin de temps de ce temps de « rien » qui fait cruellement défaut dans ma vie. Cela peut être de passer une après-midi à bouquiner, de déambuler le nez au vent ou même de passer une heure à nettoyer un pull avec une tondeuse à bouloches (vous n’avez jamais essayé ? C’est absolument magique !!), du moment que ça laisse mon cerveau divaguer et mon corps se détendre.

Pendant toute mon adolescence, et une bonne partie de ma vie de jeune adulte, ce « rien » occupe une bonne partie de mon temps. J’étais très rêveuse, plutôt solitaire, je passais mon nez dans les bouquins et j’avais fait mienne la phrase de Marcel Proust: « il vaut mieux rêver sa vie que la vivre ». J’avais déjà plein d’idées, de projets et d’envies, mais je n’osais pas me lancer dedans ou je les abandonnais rapidement, principalement parce que je n’avais pas assez confiance en moi, ou parce que je pensais que ça n’intéresserait personne. Pendant longtemps, j’étais donc fermement convaincue ce qu’on appellerait communément une grosse feignasse.

C’est fou comme les schémas mentaux qu’on se construit dans notre jeunesse peuvent nous imprégner sans que l’on s’en rende compte. Alors que je travaille plus de 80 heures par semaine depuis plus de deux ans (comme beaucoup de gens à leur compte), en gérant de front mon blog, mon activité de directrice artistique et ma vie de famille (la vie sociale passe malheureusement souvent à la trappe), j’avais encore, bien ancrée au fond de moi, cette idée que je n’étais pas une très grosse travailleuse. Je me sentais comme un imposteur sur le point d’être démasquée, et du coup, j’avais l’impression que je n’en faisais jamais assez. Et tous les 6 mois, j’avais l’impression d’être au bord de l’implosion, ma créativité à sec, et l’envie de me réfugier sous la couette pour échapper aux mille mails qui hurlaient « réponds moiiiiii » dans mon inbox. La dernière fois, c’était pas plus tard que fin décembre. Et puis il y a eu la grippe.

Normalement, j’aurais dû travailler la semaine entre Noël et le jour de l’An, puis attaquer janvier à fond les ballons. Sauf que là, je ne pouvais pas. J’étais tellement fatiguée que j’ai dû m’en tenir au minimum vital, c’est à dire assurer le rendu d’un gros projet sur lequel je m’étais engagée (la direction artistique d’une exposition pour le showroom Motorvillage des Champs Elysées, vous pouvez passer la voir jusqu’au 20 mars d’ailleurs !), et reporter le reste à plus tard. Tout le reste: maintenir ma maison en ordre, avoir l’air coiffée, écrire sur le blog ou répondre aux mails. J’ai passé mes journées à dormir. Au bout de quelques jours, je me sentais toujours aussi fatiguée (je vous ai dit que cette grippe était costaud), mais j’avais l’esprit beaucoup plus serein. J’ai pris le temps de lire des livres, de réfléchir à mes envies, de faire la liste des gens que j’avais envie de voir plus souvent. J’ai pris le temps aussi de me demander si ce trop plein dont je remplissais mes journées était vraiment nécessaire, et si ce sur-régime d’énergie me convenait vraiment. S’il fallait absolument courir derrière chaque nouvelle opportunité, et si c’était si grave que ça d’en laisser passer. La réponse était non.

Si je vous ai écris ce long pavé, ce n’est pas seulement parce que vous m’avez manqué (quand même), c’est aussi pour partager avec vous ma grande résolution 2016 : faire de la place dans ma vie… pour ne rien faire. Ce que j’ai compris, c’est que ce « rien » fait partie intégrante de mon équilibre personnel mais aussi professionnel. Il me permet de recharger ma créativité, de prendre la distance, d’avoir des idées nouvelles. Il me permet aussi d’être une personne attentive aux autres, une mère présente, une épouse pas trop relou, bref d’avoir de l’énergie et du temps de cerveau disponible à consacrer aux autres sans m’épuiser. Parfois, ce temps arrive spontanément – comme décider de flâner entre deux rendez-vous, par exemple – mais souvent, le rythme de nos vies est tel qu’on a du mal à le trouver. J’ai donc décidé de lui prévoir de la place dans mon agenda, en bloquant une après-midi à ne rien faire, ou plus de vacances farniente. Et sans culpabilité, cette fois, parce que je sais que sans lui, je suis moins performante dans mon travail, et accessoirement un peu moins sympa avec mes proches. Cela m’obligera sans doute à sacrifier d’autres choses, à revoir mes priorités, mais le jeu en vaut la chandelle.

Voilà pourquoi en 2016, je vous souhaite à vous aussi de savoir apprécier ce « rien », quelle que soit la forme qu’il prenne pour vous, de le chérir et surtout d’arrêter de culpabiliser, car il est aussi essentiel à notre survie que l’air, l’eau ou l’internet mondial (comment ça internet n’est pas une ressource vitale). Laissez tomber instagram, facebook & co, profitez de vos moments de rien, et savourez cette joie profonde et désuète de faire quelque chose qui n’est pas immédiatement utile ou visible. Happy 2016 !

EDIT: quelques mois plus tard, je vous reparle de cette envie de prendre le temps.

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6 Commentaires

  1. Eva
    20 janvier 2016 at 17:27

    Oooooh mais t’as bien raison ! C’est bien le rien ! Moi j’adooooore ! La culpabilité n’est jamais bien loi mais non non non , c’est tout à fait autorisé le rien et parfois fortement recommandé ! Alors quand tu voudras faire rien, comme traverser Partis pour boire un thé que tu n’as pas chez toi , je me joins à toi ! On devrait inventer le verbe « Rieniser » mais c’est un peu moche et on aime les jolis sons tout doux pour les oreilles !

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  2. Sophie
    20 janvier 2016 at 21:26

    Bravo pour ce post!!!!

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  3. perrine
    20 janvier 2016 at 22:22

    so true, merci. Bonne fin de rétablissement.

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  4. Anne
    20 janvier 2016 at 23:12

    Bravo pour cette belle résolution, tu as parfaitement raison, je vais essayer de (me forcer à) te suivre dans cette voie !
    Heureuse de te « revoir » par ici ;)

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  5. Ayamé
    21 janvier 2016 at 07:30

    Je te comprend très bien et me retrouve beaucoup dans le portrait de l’ancienne ado / jeune adulte rêveuse avec moult projets…
    En lançant Ikonizaboy on s’est obligé avec M. à lâcher prise le week-end pour profiter de nos proches, on réponds uniquement aux mails urgents et ça fait vraiement du bien !
    Plein de bises de rétablissement

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  6. fanfan b
    22 janvier 2016 at 23:26

    Superbe cheminement Maelis et quel plaisiir de te lire de nouveau oui prends le temps et tu sais je trouve que ne rien faire c est déjà faire quelque chose !,,, merci d être ce que tu es des bisous

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